France - Dominique Strauss-Kahn en garde à vue, bis
L’ancien directeur du FMI est de nouveau confronté à des poursuites en justice, cette fois dans une affaire de proxénétisme.
Moins d’un an après l’affaire du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn est de nouveau impliqué dans une affaire de justice, cette fois en France. Après avoir été entendu par la gendarmerie mardi matin à Lille, l’ancien directeur du FMI a été placé en garde à vue pour « complicité de proxénétisme » et « recel d’abus de biens sociaux ».
A peine arrivé à la caserne, DSK a immédiatement été informé de sa mise en garde à vue. L’ancien ministre socialiste avait été convoqué pour s’exprimer sur l’affaire du Carlton de Lille, à propos de soirées libertines auxquelles il aurait pris part, notamment à Paris et Washington. La justice doit désormais déterminer si DSK savait, au moment des faits, que les femmes qui participaient à ces soirées étaient des prostituées.
D’après l’enquête, plusieurs déplacements de ces professionnelles du sexe ont été organisés et financés par deux entrepreneurs de la région lilloise : le responsable d’une société médicale, et l’ancien directeur d’une filiale du groupe de BTP Eiffage. L'un d'eux se faisait même rembourser les frais des déplacements par sa société. Le dernier voyage recensé a eu lieu du 11 au 13 mai à Washington, soit quelques jours à peine avant que DSK ne soit arrêté à New-York et que l’affaire du Sofitel n'éclate.
En théorie, la garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures, mais elle ne devrait pas excéder 48 heures dans ce cas précis. A l’issue de ce délai, les juges d’instruction devront décider s’ils mettent ou non en examen DSK. L’accusation de recel d'abus de biens sociaux impliquerait que l’ancien directeur du FMI ait eu connaissance de l’éventuelle origine frauduleuse des sommes d’argent dépensées pour faire voyager les prostituées. La question d’une contrepartie à ces soirées libertines organisées par les deux entrepreneurs lillois devrait lui être posée.
Dès la citation de son nom dans la presse en octobre, Dominique Strauss Kahn avait demandé à être entendu le plus rapidement possible dans cette affaire afin, selon lui, de « mettre un terme à ces insinuations malveillantes. » D’après son avocat, DSK « pouvait parfaitement ignorer » que les femmes rencontrées lors de ces soirées étaient des prostituées.