Dans la presse aujourd'hui, déprime chez les patrons, l'opposition se réveille, Benkirane et les syndicats se cherchent sans se trouver et l'histoire d'un ado surdoué.
On commence avec l’indice de confiance des chefs d’entreprise, qui dégringole. « Totale déprime chez les patrons », à la une des Echos. Le moral des dirigeants d’entreprise au Maroc est au plus bas depuis trois, depuis que l’indice de confiance créé par l’observatoire de l’entreprenariat existe. Moins 12,7 points depuis la dernière mesure, effectuée sur un échantillon de 500 managers.
« La conjoncture, écrivent les Echos, a eu finalement raison du moral des patrons marocains […] Et la raison de ce déclin n’est pas étrangère aux inquiétudes qui pèsent sur l’économie marocaine. » Parmi les facteurs de déprime du patronat : la crise qui persiste en Europe, le prix des matières premières, toujours élevé, mais aussi un phénomène maroco-marocain : la durée d’exécution de la loi de finances. Selon le journaliste, « les économistes aussi sont inquiets quant à l’impact que pourrait avoir ce retard qui pourrait même déboucher sur une sorte d’année blanche de l’économie nationale. »
L’observatoire de l’entreprenariat identifie aussi comme raison de déprimer « la diminution du cumul pluviométrique. » En langage normal, c’est le manque de pluie. Mais que l’on se rassure, les patrons marocains ne sont pas complètement au bout du rouleau. Selon les Echos, ils restent plutôt « optimistes » pour la suite, ils attendent de meilleurs résultats pour le deuxième semestre de l’année.
Dans l’Economiste, l’opposition se réveille ! Plus précisément, c’est l’audiovisuel qui réveille l’opposition, selon le journal. On parle encore une fois des nouveaux cahiers des charges élaborés par le Ministère de la communication pour la SNRT et 2M. « Enfin un beau sujet d’empoignade entre opposition et majorité. Le nouveau cahier des charges, ou réforme El Khalfi comme on l’appelle déjà, a suscité une levée de bouclier. » Le journaliste se régale visiblement d’assister à une bagarre collective entre majorité et opposition.
« Le premier à ruer dans les brancards, selon l’Economiste, est incontestablement Salaheddine Mezouar qui trouve scandaleuse la manière dont a été piloté le dossier. » Pour lui, « la liberté de créer » est remise en cause, et le gouvernement est en train d’imposer « un modèle de la pensée unique avec une vision rétrograde du champ audiovisuel. » Pour appuyer le chef du RNI, on peut compter sur Ahmed Reda Chami qui effectue là, précise l’Economiste, « sa première sortie politique forte. » L’ancien ministre USFP des nouvelles technologies juge les nouveaux cahiers des charges trop détaillés, au point de se transformer en « grille des programmes ». A ses yeux, il fallait laisser aux professionnels « la marge de manœuvre nécessaire pour agir. » Et comme Mezouar, Reda Chami estime qu’il fallait discuter ces cahiers des charges en conseil de gouvernement.
Pas de quoi intimider le ministre de la communication. « Mustapha El Khalfi, nous dit l’Economiste, balaie toutes ces critiques d’un revers de la main. » Dans tous les cas, conclut avec plaisir le journaliste, « la polémique n’est pas près de s’arrêter. Et de nouveaux rebondissements sont attendus, avec des sorties de la part d’autres partis de l’opposition. » En gros, mettez vous à l’aise, et savourez le spectacle.
En page 2 du Soir, on parle du dialogue social. C’est le sujet du dessin du jour, signé Aassid. En titre : « Dialogue social, une reprise mais sans conviction. » On voit Abdelilah Benkirane et un représentant syndical armés chacun d’un stylo. Leur mission est la suivante : réussir à ce que les mines de leur stylo se rencontrent au milieu d’un labyrinthe infernal. Et ni l’un ni l’autre n’a l’air sur la bonne voie…
Pour finir, l’histoire d’un surdoué. Direction la page « un monde fou » de l’Economiste. Il s’appelle Moshe Kai Cavalin, il a 14 ans et il va bientôt obtenir un diplôme en mathématiques à l’université de Californie. Apparemment, ses parents ont décelé chez lui une véritable « passion pour les chiffres » quand il était encore en couches-culottes… Le petit géni savait déjà faire des additions et des soustractions alors qu’il avait à peine 4 ans. Quand je pense que moi j’ai encore du mal en calcul mental, je reste songeuse…
Nathalie Michet