Dans la presse aujourd'hui, le bateau Istiqlal tangue toujours, l'angoisse des RH à l'approche du ramadan et l'ignorance vulgaire des extrémistes du clavier.
Pour commencer, des nouvelles de l’Istiqlal. Toujours pas de date pour l’élection de son nouveau secrétaire général, mais en attendant, les cadres du part ne chôment pas.
Chez Aujourd’hui le Maroc, « les Istiqlaliens s’activent pour trouver une issue. » Une issue à la crise évidemment, même si le mot n’est pas écrit. Une commission a été même créée pour « rétablir le consensus » au parti de la balance, « une tâche délicate » selon ALM.
Parmi les cinq membres de cette commission en charge de cette mission impossible: Karim Ghellab, membre du bureau exécutif, Taoufik Hejira, président du comité préparatoire du congrès, Noureddine Mediane, président du groupe Istiqlal à la première chambre, Mohamed Ansari, président du groupe à la deuxième chambre, et enfin Abdessamad Qaiaouh, représentant des ministres istilaliens.
D’après le journal, ces cinq agents spéciaux ont déjà eu des discussions avec les deux rivaux, Hamid Chabat et Abdelouahed El Fassi. Mais on ne nous dit rien sur le contenu des échanges, si ce n’est que « les deux parties campent toujours sur leur position. » Visiblement on est encore loin du consensus.
Ce n’est pas tout à fait que ce qu’écrit le journal Libération. D’après le quotidien de l’USFP, le consensus n’est pas si loin puisque le clan El Fassi commence à faire l’unanimité contre lui. Alors que la crise du parti tourne à « la bataille rangée », « il semble que les Istiqlaliens aient choisi la presse écrite et les sites électroniques pour régler leurs comptes. »
Dans la famille des rebelles, on trouve évidemment Hamid Chabat, mais aussi Mohamed El Ouafa, qui a accusé Abbas El Fassi en public de « gestion désastreuse », et désormais il faut aussi compter Abdelkader El Kilal qui a déclaré plus ou moins la même chose dans une interview à Al Massae.
Pendant ce temps, selon Libération, le comité des sages ne cache pas non plus ses critiques et ses reproches à Abbas El Fassi, qui n’aurai pas du prendre position en faveur de « la confrérie El Fassi. »
Chez les Echos, un sujet qui va en intéresser plus d’un : l’absentéisme au travail. Un certificat médical par ci, un imprévu pour là… L’absentéisme est une pratique assez répandue au Maroc, d’après le journal. Et ce phénomène prend de l’ampleur, parait-il, au moment du mois sacré.
C’est pourquoi, selon les Echos, les responsables des ressources humaines appréhendent cette échéance avec « circonscription », à moins que le journaliste ait voulu dire « circonspection ». D’autant que depuis plusieurs années le ramadan coïncide avec les vacances d’été.
Pour mieux cerner les raisons qui poussent les employés à s’absenter sans bonne raison, un cabinet de conseil a mené son enquête dans douze pays de la région Mena. Et le résultat indique que « la faible satisfaction au travail » est la raison principale de l’absentéisme. On y retrouve pêle-mêle le stresse, la démotivation ou encore le manque de responsabilité.
Les sondés évoquent aussi le sentiment que leur absence ne sera pas préjudiciable à l’entreprise. Un sentiment souvent erroné, puisque d’après les Echos, le coût de l’absentéisme se mesure toujours en terme de productivité.
Toujours d’après cette étude, 51% des employés pensent que le meilleur moyen de lutter contre le travail buissonnier serait de « récompenser l’assiduité et la ponctualité. » Les personnes interrogées jugent par ailleurs que la méthode de la sanction, comme la retenue sur salaire par exemple, est injuste, car pratiquée de manière « préférentielle. »
Les Echos nous rappellent quand même, juste au cas où, que toute absence non justifiée peut être sanctionnée.
Pas de sanction en revanche pour les extrémistes du clavier et de la souris qui dépassent les bornes sur le web. C’est à lire dans le Soir. Le débat libre et sans barrière sur Internet est une belle chose, sauf quand la discussion tourne à l’insulte la plus crue et à l’appel à la haine. Or, c’est souvent le cas sur la toile.
Le Soir publie l’interview d’un sociologue, Fouad Benmir, invité à nous éclairer sur ces « discours haineux » qui circulent sur les forums et les réseaux sociaux. Pour lui, il ne faut pas généraliser, « cela émane notamment d’un groupe de jeunes qui n’ont pas de savoir fondé, ni de culture générale et reproduisent avec un style enfantin ce qui se dit dans leur entourage. » Quand on part dans des considérations philosophiques, ce qui est souvent le cas sur le web, il faut être « un tantinet cultivé pour tenir la discussion jusqu’au bout sans avoir à être vulgaire. »
On l’a compris, si on ne sait plus quoi répondre, mieux vaut quitter l’écran et prendre l’air. On peut aussi lire un bouquin (ça ne peut pas faire de mal), plutôt que d’étaler au grand jour tout son répertoire d’insultes, surtout si c’est pour les écrire avec des fautes d’orthographe.
Nathalie Michet