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Jeudi 17 mai 2012

Chronique économique

Chronique économique - Où est passé notre esprit de conquête ?

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Où est passé notre esprit de conquête ?

C’est l’heure des résultats et des bilans économiques de l’année 2011. Comment s’est comportée notre économie dans cette période de crise économique ? Comment s’en sortent nos entreprises sur le marché international ?

Nos exportations ont connu une croissance en 2011 malgré la situation. Ce qui est franchement une prouesse, en considérant une économie en berne sur nos marchés traditionnels et une image ternie de la région du fait du printemps arabe. Mais le vrai problème est que nos importations croissent beaucoup plus que nos exportations alors que nous avons atteint le stade de libre échange au sens propre de l’expression avec l’Europe.

En 2011 nos exportations progressent de 13,1% pour atteindre 169,2 milliards de Dhs. Et pendant la même période, nos importations atteignent 355 milliard de Dhs. Il faut dire que notre déficit commercial est impressionnant, un abime ! A lui seul, il est de 185,5 milliards de Dhs, plus que la totalité de nos exportations. Les politiques et l’administration nous trouvent toutes les analyses possibles pour expliquer cette situation, pour nous démontrer que les stratégies lancées par le gouvernement précédent commencent à produire leurs fruits.  Nous finirons tous par convenir que c’est ainsi, que c’est presque dans l’ordre des choses.

Je me rends compte que mes ancêtres m’avaient en quelque sorte leurré en m’expliquant que nous vendions du sel contre de l’or en Afrique subsaharienne. Où est cet esprit de conquête de nos aïeuls ? C’est en ouvrant notre économie que nous devons stimuler notre appétit à aller chercher d’autres marchés, là où les opportunités s’expriment. Eh bien non. Chez nous les importations croissent de près de 20 % en une année.

Oui il est vrai que notre société mue en société de consommation de masse. Mais nous consommons ce que nous importons et pas assez ce que nous produisons. Nos consommateurs sont friands de ce qui est produit ailleurs. Nous ne célébrons pas assez nos produits de qualité, nous ne célébrons pas assez les entreprises qui osent aller à la conquête des autres marchés.

Et en plus, l’Etat continue à compenser des produits comme les carburants, sans laisser jouer la régulation de la consommation par la vérité des prix. Le gazole coute deux fois moins cher chez nous que chez nos voisins espagnols par exemple. Résultat, nous encourageons une consommation forte d’un produit totalement importé et couteux.

Tiens, dans le même sillage j’ai reçu hier sur une newsletter une annonce publicitaire d’une société de conseil qui propose ses services dans ce qu’on appelle le management interculturel. Cette discipline enseignée dans les meilleures écoles de management pour assurer la connaissance et les décryptages des autres cultures pour mieux négocier, mieux vendre. Eh bien tenez-vous bien, cette société de conseil propose ses services pour permettre aux expatriés de mieux connaitre la culture marocaine. A quand allons nous connaitre celles des autres ! 

Le Maroc, société de consommation, soyons lucides, c’est irréversible ! Mais nous devons engager une nouvelle rupture et à deux niveaux : mobiliser et soutenir les industries et services qui exportent et accroitre le rythme de déploiement des plans sectoriels qui favorisent les exportations.

A la semaine prochaine sur aswat et nulle part ailleurs.

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